La Patagonie possède une côte étendue avec une grande variété d’écosystèmes et des eaux hautement productives. Les eaux argentines intègrent un grand système océanique impliquant le courant chaud du Brésil et le courant froid des Malouines faisant remonter jusqu’au rio de la Plata les eaux antarctiques. Cet échange permanent a lieu sur la plus grande plateforme continentale de l’hémisphère sud. Pour rencontrer le talud et plonger dans les eaux abyssales, il faut à certains endroits naviguer jusqu’à 800 kms cap à l’est. 

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La plateforme continentale argentine et le jeu des courants océaniques 

C’est une région sèche (moins de 300 mm d’eau par an) et particulièrement ventée (Quarantièmes Rugissants). Les températures rencontrées pendant le printemps et l’été austral oscillent entre 15 et 35°C. Les programmes de recherche envisagés concernent des zones aujourd’hui vierges d’activité touristique. L’intégralité des iles visitées pour recenser les colonies sont vierges de présence humaine. Nous accédons avec le voilier à des zones côtières parfois éloignées de plus de 100 kms de la première voie de communication.
 
De Puerto Madryn à Bahia Bustamante, plus de 500 Kms de côtes, nous croisons seulement 2 villages (Camarones et Bustamante) et une ville (Rawson), le reste de la côte est totalement inhabité. Camarones vit quasi exclusivement de la pêche artisanale et n’a pas d’activité touristique. La baie Bustamante protège un petit village vivant de l’exploitation des algues (gelée alimentaire et recherche en bio combustible). Rawson est la capitale du Chubut, la plus grande province argentine de Patagonie, et ne dépasse pas 100 000 habitants. 

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L'un des superbes mouillages : Isla Tova et la colonie de manchots de Magellan

 
Certains mouillages que nous utiliserons sont particulièrement chargés d’histoire. Isla Tova a été un moment une base d’exploitation de guano avant de retourner complètement à l’état sauvage. Les plages désertes aux abords de la Caleta Horno constituent des zones archéologiques intéressantes (sépultures d’indiens Mapuche et Tehuelche, nombreuses flèches, outils, …). A quelques kilomètres de Bustamante on peut rencontrer une forêt pétrifiée. 
 
 
La zone représente le centre de la Province de Chubut, c.-à-d. le cœur de la Patagonie côtière. Le nord du Golfe San Jorge vient récemment de faire l’objet d’une classification de Parc Marin National. Cette zone est utilisée par 16 espèces d’oiseaux marins pour se reproduire, par 40 autres comme aire de repos ou d’alimentations (pétrels, goélands, albatros, huitriers, cormorans, canards vapeur…). La zone connait par ailleurs une forte concentration de dauphins, près de 20 colonies d’otaries et d’éléphants de mer, et croisent fréquemment dans la zone orques et baleines franches. Une marche plus bas sur l’échelle, on rencontre plus de 300 espèces de poissons, 90 crustacés et près de 200 mollusques. La faune terrestre est aussi riche : guanacos, nandou, aigles, …
 

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Faune terrestre : le puma, appelé "leon" en Argentine

La biodiversité marine en Patagonie subit en permanence plusieurs attaques : la surexploitation et les effets indirects de la pêche, la contamination, l’introduction de nouvelles espèces, l’urbanisation incontrôlée, et sous certains aspects aussi le tourisme constitue un danger. 
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Le dauphin obscur, l'un des objets d'étude de l'association
 
Les dangers encourus par la biodiversité en Patagonie sont nombreux, les moyens publics alloués à des fins de recherche ou de conservation sont réduits en proportion de l’immensité des côtes à couvrir. Face à l’ampleur des menaces, la réaction citoyenne se doit d’être à la hauteur. Doradillo Velas a choisi d’appuyer les efforts de la recherche tout en proposant une alternative au tourisme de masse.
 
 
 
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