Cela dépend là aussi de la période à laquelle vous venez.
Les baleines sont présentes de juin à décembre. Les orques sont présentes toute l’année mais difficilement observables en mer ; plus fréquentes près des
colonies de lions de mer, notamment en avril et mai.Les lions de mer, éléphants de mer et dauphins sont présents toute l’année.
Les grands oiseaux marins tels que les albatros et les pétrels sont présents toute l’année mais ne s’approchent pas des côtes à moins de 3 ou 4 milles nautiques.
Beaucoup d’oiseaux côtiers sont présents selon les époques : canards vapeur, colombe antarctique, cormoran royal, etc…Les manchots de Magellan sont présents sur les colonies de septembre à
avril et en mer toute l’année.
La faune terrestre tels que les guanacos (cousin du lama), les choique (petite autruche) ou encore les peludos (animal préhistorique indescriptible à mi chemin
entre le fourmilier et le hérisson) et les rapaces sont présents toute l’année.
Sommes nous sûrs de voir des baleines ?
Les baleines franches australes sont présentes sur la zone de navigation entre juin et décembre. Leur présence est essentiellement concentrée à l’intérieur du Golfo
Nuevo, Puerto Madryn. Il est donc fort probable pendant cette période de rencontrer des baleines franches. En dehors de cette période et de cette zone, nous n’en verrons probablement pas.
En ce qui concerne la conservation de la baleine franche, une loi nationale de l’Argentine déclare cette espèce «Monument naturel national». Cette loi a été
renforcée en 1985 par des règlements spécifiques de planification et de contrôle de l’observation des baleines et d’autres mammifères marins. En 1995, une réserve intégrale (Catégorie Ia, de
l’UICN) a été créée dans le golfe Nuevo pour renforcer la protection de la baleine franche. La péninsule Valdés est un des derniers sites au monde où la population de baleines est en
augmentation.
On m'adit que la Péninsule Valdés est l'endroit à voir en Patagonie ?
Oui, et c’est justement l’endroit le plus vu. Valdès accueille aujourd’hui par an plus de 250 000 visiteurs et ce chiffre ne cesse de croître. En comparaison,
Camarones, le village au cœur de notre zone de recherche a connu une fréquentation sur 2006 inférieure à 5000 visiteurs, dont près de 1500 en février pour le concours national de la pêche au
saumon de mer. Une gestion raisonnée de la Péninsule permet de dégager les moyens nécessaires à sa conservation et la péninsule bénéficie aujourd’hui de moyens importants : plus de trente
garde-faunes, plusieurs véhicules et embarcations de surveillance, etc…
La presqu’île de Valdés est un promontoire de 4000km² peuplés par moins de 500 habitants qui s’avance de 100 km en direction de l’est, dans l’océan Atlantique Sud.
Le littoral de la péninsule dépasse les 400km de long. La Péninsule Valdés est classé au Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco depuis 1999. C’est une zone à la bio diversité très riche et d’un
intérêt archéologique important.
En dépit des moyens accordés, l’explosion du tourisme en Péninsule Valdés n’est pas sans effets secondaires. En voici un exemple qui illustre la complexité que
peut revêtir l’interaction entre l’activité touristique et conservation de la faune. Là bas, en période de reproduction des baleines franches (de juin à décembre), la fréquentation du site
explose, les poubelles aussi. Et par voie de conséquence inattendue, la population de gaviota cocinera, une espèce de goéland, croit de manière exponentielle au fil des ans. On décide alors de
faire suivre ces déchets de Puerto Piramides à Puerto Madryn. Conséquence doublement inattendue : augmentation des attaques de baleines par les goélands pour s’alimenter de leur graisse
notamment. D’après les dernières études, les baleines franches en péninsule Valdes passeraient près de 25 % de leur temps à esquiver ces attaques…
Pourquoi ne navigue-t-on pas à Valdès ?
L’association Voile & Recherche regroupent principalement des marins. Or les recherches menées sur la péninsule ne nécessitent pas d’embarcation et peuvent être
menées depuis la côte avec de simples zodiacs. Par ailleurs les fonds recueillis via la manne touristique autorisent sur la zone des programmes ambitieux ne nécessitant pas la mise en œuvre d’un
programme d’éco volontariat.
A l’inverse, notre zone de navigation, de la sortie du Golfo Nuevo jusqu’à Puerto Deseado n’a jamais fait l’objet de recherches embarquées pour les cétacés et la
fréquence des recensements pour les manchots par exemple approche les dix ans. La bio diversité rencontrée sur la zone est tout aussi riche que celle présente sur la Péninsule Valdés :
elle a d’ailleurs été reconnue depuis le 8 août 2007 lors de la création du premier Parc Marin National argentin au nord du golfe San Jorge, au cœur de notre zone de navigation.
Un autre aspect est que la navigation le long des côtes de la Péninsule Valdés est particulièrement dangereuse : les hauts fonds et récifs sont nombreux, les
abris rares et les risques de collision avec les baleines importants. Embarquer des novices sur ce type de navigation serait imprudent.